Matthias Hossann, patron du design Peugeot : « Ces concept-cars ne sont pas de simples exercices de style réservés aux salons »

Pour Matthias Hossann, un concept-car n’est pas une sculpture conçue pour briller quelques jours sous les projecteurs. Avec le RCZ Vision et le concept T16, Peugeot met en scène des idées susceptibles d’irriguer ses futurs modèles : une silhouette plus émotionnelle, une nouvelle signature lumineuse, des commandes repensées et des matériaux expressifs. L’exercice consiste à célébrer un héritage sans le reproduire à l’identique, tout en testant des solutions adaptées à l’électrification et aux nouveaux usages.

Cette démarche éclaire la stratégie de marque du constructeur : le design automobile sert à la fois de langage, de laboratoire et de lien avec le public. Les salons automobiles deviennent alors des lieux où Peugeot montre non seulement ce qu’il pourrait produire, mais aussi les questions auxquelles ses équipes de recherche et développement cherchent des réponses.

En bref

  • Le RCZ Vision regarde vers l’avenir : ses références au coupé historique restent limitées à quelques clins d’œil, comme le double bosselage.
  • Le concept T16 associe héritage et projection, en célébrant la 205 T16 tout en évoquant des éléments destinés à la future E-208.
  • Les concepts nourrissent les voitures de série parce qu’ils sont dessinés dans le même studio que les modèles commercialisés.
  • L’habitacle privilégie l’équilibre entre affichage numérique, commandes physiques et matériaux tactiles.
  • L’électrification ouvre de nouvelles pistes pour les proportions, le volant et l’aménagement intérieur.
Les voitures françaises. L'album d'une histoire légendaire: L'album d'une histoire légendaire
Les voitures françaises. L'album d'une histoire légendaire: L'album d'une histoire légendaire
39€

Matthias Hossann : le concept-car comme laboratoire du design Peugeot

Dans la vision défendue par Matthias Hossann, le concept-car dépasse le rôle d’objet spectaculaire destiné aux salons automobiles. Il permet aux designers de vérifier si une intuition formelle peut devenir un langage cohérent, puis de faire circuler cette réflexion vers les projets de série. Les mêmes équipes travaillent sur les prototypes et les modèles destinés aux clients : l’inspiration ne reste donc pas isolée sur un stand.

À lire aussi  Rent A Car : une nouvelle identité visuelle pour rajeunir et dynamiser l’enseigne

Le RCZ Vision illustre cette méthode. Le nom renvoie à un coupé marquant de l’histoire récente de Peugeot, mais le projet ne cherche pas à en fabriquer une copie moderne. Le double bosselage du toit et les arches constituent des repères reconnaissables ; le reste dessine une interprétation contemporaine d’un grand coupé quatre places. Cette retenue évite de confondre hommage et pastiche.

Le concept T16 suit une autre voie. Il fait écho à la 205 T16, dont les succès en championnat du monde des rallyes en 1985 et 1986 forment un épisode fort de l’histoire sportive de la marque. Mais il sert aussi à évoquer des orientations stylistiques associées à la future E-208, selon le calendrier annoncé au moment de la présentation. L’héritage devient ici une matière de création plutôt qu’un modèle à reproduire.

Pour un visiteur, ces deux propositions peuvent sembler très différentes. Elles répondent pourtant à la même logique : montrer comment une marque transforme sa mémoire en pistes concrètes, sans promettre que chaque concept sera produit tel quel.

matthias hossann, patron du design peugeot, explique comment les concept-cars influencent les futurs modèles et dépassent le simple exercice de style.

Un héritage Peugeot projeté vers les voitures du futur

Le néo-rétro attire l’attention parce qu’il active immédiatement des souvenirs. Pourtant, Matthias Hossann présente cette démarche comme une option à manier avec mesure : certaines marques possèdent des modèles iconiques particulièrement adaptés à une réinterprétation, mais Peugeot ne veut pas réduire son identité à la répétition de formes anciennes. L’enjeu est de préserver une charge émotionnelle tout en dessinant des objets ancrés dans leur époque.

Le RCZ Vision joue précisément sur cette nuance. Il reprend quelques signes du coupé connu, mais ne transpose pas littéralement son dessin. Le clin d’œil fonctionne comme un point de départ, tandis que les proportions, les détails et l’intention générale regardent vers un véhicule inédit. Cette distinction est importante : le public peut reconnaître une filiation sans avoir l’impression de revoir une voiture déjà connue.

À lire aussi  Xiaomi : l’alliance Sino-Allemande pour révolutionner l’Europe électrique dès 2027

Le même principe s’applique à l’expression sportive de la marque. La 208 GTi est présentée comme une véritable proposition de conduite, et non comme une simple finition portant un badge évocateur. Les concept-cars montrés avec elle entretiennent cette dimension de plaisir et d’émotion, sans constituer pour autant une annonce de production du RCZ Vision.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les constructeurs doivent rendre leurs transformations lisibles. Pour suivre les rendez-vous et les lancements associés à l’automobile, le panorama des constructeurs attendus au Mondial de l’Auto 2026 offre un point de comparaison utile. L’héritage n’a de valeur que s’il aide à comprendre la direction prise aujourd’hui.

Du i-Cockpit au volant Hypersquare : une innovation guidée par l’usage

Les idées montrées à l’extérieur trouvent un prolongement dans l’habitacle. Peugeot fait évoluer sa signature lumineuse, en travaillant le passage des trois griffes verticales vers une lecture horizontale, sans vouloir figer cette identité dans un motif immuable. Le i-Cockpit constitue un autre marqueur : apparu avec la première génération de 208, il s’est installé au fil des générations dans un grand nombre de véhicules de la marque.

Le volant Hypersquare pousse cette réflexion vers une architecture nouvelle. Sa forme est rendue possible par la direction steer-by-wire, qui transmet électroniquement les commandes plutôt que de s’appuyer sur une liaison mécanique conventionnelle. Avec un angle de rotation limité, les bras du conducteur n’ont plus besoin de se croiser comme lors de manœuvres exigeant plusieurs tours de volant. L’innovation technique ouvre ainsi une possibilité de design industriel et modifie la relation physique à la conduite.

À lire aussi  Découvrez l’intérieur futuriste du Cybercab, la nouvelle voiture électrique révolutionnaire de Tesla

Les commandes haptiques et physiques traduisent, elles aussi, une recherche d’équilibre. Une voiture familiale peut tirer parti d’interfaces numériques étendues, tandis qu’un coupé axé sur le plaisir gagne à conserver des boutons et des éléments que l’on manipule directement. L’objectif n’est pas de choisir entre le tout tactile et le tout mécanique, mais de rendre chaque fonction compréhensible et accessible.

Pour situer ces choix dans les échéances de produits, le calendrier des modèles automobiles prévus en 2026 permet de replacer les annonces dans une chronologie plus large. Les concepts donnent des indices sur les orientations, mais leur présence sur un stand ne vaut pas confirmation de chaque équipement en série.

Élément exploré Rôle dans le concept Enjeu pour les modèles de série
Signature lumineuse Faire évoluer les codes visuels Conserver une identité reconnaissable et adaptable
Volant Hypersquare Associer direction électronique et nouvelle ergonomie Tester une architecture plus compacte et intuitive
Écrans transparents micro-LED Présenter l’information sans dominer l’habitacle Fiabiliser la technologie face aux vibrations et aux écarts thermiques
Cuir recyclé imprimé Créer une matière sensorielle et distinctive Concilier qualité perçue, durabilité et coût

Design automobile · pistes à comparer

Du concept à la série : que reste-t-il à relever ?

Comparez les pistes de design évoquées par Matthias Hossann, leur intention et les défis à résoudre avant une éventuelle application en production.

Choisissez jusqu’à quatre pistes

Tableau comparatif

Comparaison des pistes de design Peugeot et de leurs défis avant une éventuelle production en série.

Lecture éditoriale : ce comparateur organise les pistes fournies dans le brief. Il ne confirme ni leur adoption par Peugeot, ni leur calendrier ou leur faisabilité industrielle.

Écrans, matières et électrification : repenser l’expérience à bord

La multiplication des écrans n’est pas une fin en soi. Matthias Hossann décrit plutôt une réflexion sur la place de l’information et sur la manière de la rendre utile sans transformer l’habitacle en surface noire uniforme. Le regroupement des affichages, déjà expérimenté sur des modèles de la marque, répond à cette recherche de clarté. Dans une voiture conçue autour de la conduite, un écran transparent peut préserver la sensation d’espace tout en affichant les informations nécessaires, notamment celles liées aux aides à la conduite.

Les prototypes évoqués reposent sur des micro-LED positionnées entre deux surfaces de verre. Leur intérêt est autant visuel que fonctionnel : l’information semble cohabiter avec les éléments physiques au lieu de les remplacer. Cette approche, parfois qualifiée de « phygitale », cherche à réunir la précision du numérique et le contact matériel d’une commande ou d’une finition bien travaillée. La difficulté reste industrielle : une technologie d’habitacle doit résister aux vibrations, à la chaleur et aux usages répétés.

Les matériaux participent à la même recherche de caractère. Un cuir recyclé imprimé peut offrir un motif singulier, tandis que l’aluminium ou le nubuck apportent des sensations différentes. L’intérêt n’est pas seulement décoratif : les choix de matières pèsent sur le coût, la durabilité et la qualité perçue. Le travail consiste à composer un intérieur vivant sans multiplier les effets gratuits.

L’électrification transforme aussi les proportions. Une batterie épaisse impose des contraintes sous le plancher, mais l’absence d’un moteur thermique traditionnel permet de revoir certaines habitudes de dessin, notamment la longueur du capot. Les designers peuvent alors explorer de nouvelles silhouettes et différencier davantage les modèles. Les recherches présentées autour des concept-cars rejoignent les réflexions plus larges du groupe sur les voitures concept de Stellantis : la contrainte technique devient un terrain d’invention lorsqu’elle est intégrée dès les premières esquisses.

Des salons automobiles aux véhicules de série : ce que les concepts annoncent réellement

Un concept-car ne constitue pas une promesse de commercialisation pièce par pièce. Il révèle plutôt des priorités : une silhouette à explorer, une interface à tester ou un matériau à qualifier. Le RCZ Vision n’annonce donc pas automatiquement le retour d’un coupé de série. Sa fonction est aussi de rendre visibles des intentions et de recueillir des réactions, tandis que les équipes évaluent ce qui peut être adapté aux contraintes techniques et économiques.

Le concept T16 montre comment plusieurs temporalités peuvent se rencontrer sur un même stand. La référence à la compétition rappelle l’histoire de Peugeot, tandis que les éléments évoquant l’E-208 orientent le regard vers les prochains développements. Pour les équipes de recherche et développement, le défi consiste à transformer une idée séduisante en solution fiable, industrialisable et pertinente pour les conducteurs.

Un acheteur qui découvre un concept doit donc distinguer trois niveaux : les signes d’identité susceptibles d’évoluer, les technologies en expérimentation et les caractéristiques propres à l’objet de démonstration. Le volant, les écrans ou les matériaux peuvent être proches d’une piste de série sans être garantis dans leur forme définitive. Cette lecture évite de prendre chaque détail spectaculaire pour une annonce ferme.

Dans cette démarche, le salon n’est pas une vitrine isolée. Il devient un espace de dialogue entre designers, ingénieurs, fournisseurs et public. La portée d’un concept se mesure moins à sa ressemblance avec un futur modèle qu’à sa capacité à orienter les décisions qui le feront naître.

Questions fréquentes

Le RCZ Vision annonce-t-il le retour d’un coupé Peugeot en série ?

Non. Le concept explore une vision contemporaine du coupé et ne constitue pas, à lui seul, une annonce de production. Ses références au RCZ servent notamment à exprimer une continuité de marque.

Pourquoi Peugeot présente-t-il des concept-cars dans les salons automobiles ?

Ils permettent de tester des formes, des interfaces et des matériaux, tout en exposant les orientations du design. Les équipes peuvent ensuite faire évoluer certaines idées vers les véhicules de série.

Qu’est-ce que le volant Hypersquare ?

Il s’agit d’une architecture de volant associée à la direction steer-by-wire. Cette technologie électronique permet d’explorer une rotation limitée et une forme différente des volants conventionnels.

Les écrans transparents micro-LED sont-ils déjà prêts pour la série ?

Ils sont présentés comme des prototypes et une piste d’innovation. Leur intégration exige notamment de vérifier leur résistance aux vibrations, aux températures et aux contraintes d’usage automobile.

Auteur/autrice

  • Alexandre-Moretti

    Passionné par l’automobile et spécialiste du référencement, Alexandre Moretti accompagne depuis plus de dix ans des sites dédiés aux véhicules, aux nouvelles énergies et à la mobilité durable. Son expertise en SEO et en contenu digital lui permet de rendre accessibles les informations techniques aux passionnés comme aux professionnels, tout en garantissant une visibilité optimale dans les moteurs de recherche. Chez TopLocation-71, il apporte une approche claire, pédagogique et orientée résultats pour aider les lecteurs à trouver des réponses fiables et pertinentes sur l’univers auto, moto et utilitaire