Le groupe Stellantis, acteur majeur de l’industrie automobile française, a officialisé la fin programmée de la production automobile sur son site de Poissy à partir de 2028. Cette décision marque un tournant historique pour cette usine emblématique des Yvelines, en activité depuis 1938, qui représentait jusqu’à aujourd’hui l’une des dernières implantations françaises d’assemblage automobile en Ile-de-France. Confronté aux mutations profondes du marché automobile mondial et à une baisse continue des volumes, Stellantis redéfinit ses stratégies industrielles dans l’Hexagone pour s’adapter aux enjeux de la transition énergétique et à la compétition internationale. Un investissement de 100 millions d’euros accompagnera cette transformation, orientée vers une diversification vers de nouvelles activités industrielles et la reconversion du site en un centre de production de pièces, de déconstruction des véhicules, ainsi que d’impression 3D.
- Stellantis confirme l’arrêt de la production automobile sur son site de Poissy après 2028
- L’usine sera transformée en centre industriel dédié à la fabrication de pièces et à l’économie circulaire
- 100 millions d’euros investis pour pérenniser les activités et maintenir 1 000 emplois environ
- Réactions contrastées des syndicats face à cette annonce majeure
- Contexte économique et industriel : défis structurels du secteur automobile français et européen
Stellantis et la fin de la production automobile sur le site de Poissy : un changement historique pour l’industrie française
Créée en 1938, l’usine de Poissy est une véritable institution dans le paysage industriel francilien et français. Pendant des décennies, elle a été au cœur de la production automobile, notamment pour les marques emblématiques telles que Peugeot, Citroën, Opel, et DS, assemblant des modèles phares comme la DS3 ou l’Opel Mokka. Pourtant, en 2026, Stellantis a annoncé que la production de véhicules sur ce site cesserait totalement à l’horizon 2028. Cette décision survient dans un contexte de forte mutation du marché automobile, avec une baisse structurelle des ventes en Europe et la transition accélérée vers les véhicules électriques.
Le site de Poissy, dernière usine d’assemblage automobile en Ile-de-France, a vu sa cadence ralentir ces dernières années. En 2025, les capacités d’assemblage étaient utilisées à hauteur de 58 %, ce qui illustre le déclin progressif mais marqué de son activité. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large affectant la filière automobile française : création d’usines moins nombreuses, consolidation industrielle, et arrêt de sites historiques – à l’image de la fermeture des sites Renault de Boulogne-Billancourt et PSA d’Aulnay-sous-Bois.
Cette annonce n’est donc pas anodine : elle illustre la réalité d’un secteur en pleine recomposition. Le groupe Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler, se réorganise pour répondre à des impératifs économiques, écologiques et technologiques nouveaux, tout en essayant de concilier l’enjeu social avec la pérennisation des emplois et des savoir-faire.

Un virage industriel pour le site de Poissy : de l’assemblage à la fabrication de pièces et à l’économie circulaire
Le choix de cesser la production automobile et de transformer le site de Poissy en un centre industriel dédié à d’autres activités marque une volonté forte de maintien d’une présence industrielle. Stellantis prévoit un investissement de 100 millions d’euros pour cette reconversion, assurant ainsi la continuité d’un site qui comptera environ 1 000 emplois, contre 1 500 précédemment. Cette transition se fondera essentiellement sur quatre nouvelles activités :
- La production de pièces automobiles : pour répondre à la demande croissante en composants générés par la multiplication des modèles, notamment dans la mobilité électrique.
- La valorisation des pièces automobiles dans une logique d’économie circulaire, axée sur la réutilisation et le recyclage des matériaux.
- La préparation et la transformation de véhicules, une fonction complémentaire liée à la remise en état ou l’adaptation de véhicules fin de vie.
- L’impression 3D de pièces pour des petites séries, favorisant une production flexible et innovante adaptée à des besoins spécifiques.
Cette feuille de route industrielle pensée pour un horizon 2030 donne un nouveau souffle au site en apportant une diversification qui apparaît essentielle face aux défis d’un marché mondial en mutation rapide. Cette reconversion est aussi stratégique puisqu’elle s’appuie sur une démarche responsable d’économie circulaire, un sujet devenu incontournable pour l’industrie automobile afin de réduire son empreinte écologique et répondre aux attentes réglementaires.
Pour illustrer cette transition, Stellantis prévoit une réduction progressive des effectifs liée notamment à la pyramide des âges et aux départs naturels, sans licenciements contraints, privilégiant le volontariat et les mesures individuelles. Cette approche est un élément crucial qui permet d’adoucir les conséquences sociales liées à la fermeture progressive des activités d’assemblage.
Emploi et impact social : une évolution maîtrisée pour sauvegarder le tissu industriel local
Si la cessation de la production automobile sur le site Poissy constitue un séisme industriel pour la région, Stellantis s’engage à maintenir une activité significative sur place, supprimant toute idée de fermeture totale. Aujourd’hui, environ 1 580 salariés travaillent réellement sur le site, bien que la capacité totale soit citée à 1 925 postes sur le papier, considérant les absences pour formation, congés ou maladie.
Le plan d’adaptation prévoit que vers 2030, le site comptera environ 1 200 ouvriers actifs, soit l’équivalent de 1 000 postes en tenant compte du ratio d’1,2 personne nécessaire pour occuper un poste dans cette industrie. Ce réalignement des effectifs s’opère donc avec une gestion prudente et progressive, préservant au maximum l’emploi et les compétences locales.
Les réactions syndicales sont cependant contrastées : la majorité des représentants saluent la pérennité du site et la garantie d’un avenir industriel certain, même si la fin de l’assemblage marque une page. Des syndicats comme Force ouvrière ou la CFTC voient dans cette annonce une forme de soulagement car elle donne un cadre et limite l’incertitude, tandis que d’autres comme la CGT, l’Unsa et SUD expriment leur inquiétude et ont appelé à faire grève, redoutant une « saignée » en termes d’emplois.
Face à ces tensions, le ministère de l’Économie a promis un accompagnement vigilant des salariés et des sous-traitants et souhaite valoriser le foncier disponible pour renforcer l’activité économique locale. Par ailleurs, la direction du site envisage une optimisation structurelle permettant de libérer au moins 40 hectares de terrains, susceptibles d’être proposés à de nouveaux projets industriels ou logistiques à proximité.
Ces évolutions témoignent des enjeux que représente l’emploi dans un secteur confronté à d’inévitables bouleversements mais aussi à la nécessité d’innover pour garantir son avenir.
Le contexte économique et industriel de la fermeture de l’usine Stellantis Poissy
La décision de Stellantis reflète des tendances lourdes qui affectent depuis plusieurs années l’industrie automobile française et européenne. Le marché subit un recul marqué, avec une baisse d’environ un quart des ventes de voitures neuves depuis 2019 en Europe. Cette décroissance impacte directement les capacités industrielles et pousse à la consolidation et rationalisation.
Par ailleurs, la filière automobile française a perdu près d’un tiers de ses emplois en une décennie, une chute liée aux délocalisations, à la compétition internationale, mais aussi à la progressive transition vers l’électrification des véhicules. Ces mutations imposent aux constructeurs des adaptations majeures dans leurs process et dans la nature des emplois proposés.
Cette situation explique notamment les fermetures progressives d’autres sites historiques en Ile-de-France : Renault a arrêté la production à Boulogne-Billancourt en 1992, PSA a fermé son usine à Aulnay-sous-Bois en 2014, et plus récemment, en 2024, Renault a cessé l’assemblage à Flins pour se tourner vers le reconditionnement automobile. Poissy a longtemps figuré parmi les dernières usines franciliennes restantes, faisant de cette annonce un symbole fort du déclin industriel sur la région.
Pour Stellantis, conserver quatre sites de production en France (Mulhouse, Sochaux, Rennes, Hordain) illustre sa volonté de maintenir une présence industrielle locale, même si la production annuelle en 2025 sur ces sites représente environ 661 000 véhicules contre 5,5 millions dans le monde. Ce réalignement montre à la fois les contraintes structurelles du secteur et l’effort pour ne pas déserter totalement le territoire français.
La fermeture progressive de Poissy doit donc être comprise comme une étape dans une mutation plus large, touchant l’ensemble des acteurs impliqués dans l’industrie automobile française et soulignant la nécessité de moderniser et de réorienter les activités vers des secteurs porteurs d’innovation et de durabilité.
Chronologie – Usine Stellantis de Poissy
| Année | Événement clé | Impact sur l’emploi | Production |
|---|---|---|---|
| 1938 | Création du site automobile de Poissy | Embauche massive, jusqu’à 27 000 salariés en 1976 | Début de la production automobile |
| 1976 | Pic d’emploi à 27 000 salariés | Maintien d’une forte activité industrielle | Production maximale |
| 2014 | Fermeture de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois | Perte d’emplois signifiée dans la région | Arrêt de la production automobile |
| 2024 | Renault cesse la production automobile à Flins | Reconversion industrielle en cours | Fin de la fabrication de voitures |
| 2026 | Annonce de Stellantis du futur arrêt de la production à Poissy | Adaptation progressive des effectifs prévue | Baisse de la production à 58 % des capacités |
| 2028 | Fin officielle de la production automobile à Poissy | Maintien d’environ 1 000 postes ouvriers sur 1 500 | Arrêt de l’assemblage de véhicules |
| 2030 | Mise en place des nouvelles activités industrielles | Réallocation des emplois vers de nouvelles fonctions | Diversification industrielle |
Pour poursuivre la modernisation du site de Poissy, il convient de consulter le plan détaillé de Stellantis sur la modernisation du site de Poissy. Par ailleurs, la complexité du contexte industriel automobile français prend sens face aux fermetures successives, présentées dans cet article sur l’arrêt de production à Poissy, une étape importante pour comprendre le devenir des sites historiques.
Quelles sont les raisons principales de l’arrêt de la production à Poissy ?
Le ralentissement du marché automobile en Europe, la transition vers les véhicules électriques, et une sous-utilisation des capacités de production ont amené Stellantis à arrêter la fabrication automobile sur ce site.
Quelle sera la nouvelle vocation du site de Poissy après 2028 ?
Le site sera reconverti pour produire des pièces automobiles, développer l’économie circulaire, préparer et transformer des véhicules, ainsi que pour l’impression 3D de pièces en petites séries.
Comment Stellantis gère-t-il l’impact social lié à cette transformation ?
Le groupe prévoit une transition progressive des effectifs sans licenciements forcés, en privilégiant les départs naturels et volontaires, tout en maintenant environ 1 000 emplois industriels.
Quel est l’impact de cette décision sur l’emploi local ?
Si la production automobile cesse, le maintien des activités industrielles permettra de conserver une part importante des emplois sur le site, évitant ainsi une fermeture totale et une destruction massive d’emplois.
Quelles sont les perspectives industrielles pour l’industrie automobile française ?
La tendance est à une rationalisation des sites et à une diversification vers des activités innovantes, adaptées à la transition énergétique et aux nouvelles technologies comme l’impression 3D.
